Hypo, hyper, HBA1c.
Matin, midi, soir. Printemps, été, automne, hiver.
Le diabétique insulino-dépendant reste soumis à une obligation de contrôle perpétuel. Générant une pression inéluctable afin de rester dans les objectifs et de préserver une santé soi-disant défaillante.
Pression qui, à terme, peut conduire à une attitude déplaisante, insupportable voire même malsaine.
Enfin ça, c’est la théorie.

Pour ne pas subir cette contrainte, il suffit juste de se rappeler une règle essentielle. Une simple règle d’or qui fera toute la différence…

Soyons honnête.

S’il y a bien une chose à laquelle nous avons tous droit, c’est bien celle de se tromper.

Se planter, se gameller, se vautrer, avoir tort, faillir, défaillir même. Se fourvoyer, se méprendre, être en défaut, faire fausse route, perdre le nord, se foutre dedans.

On y a tous droit.

On s’est même tous attelé un jour ou l’autre à l’expérience.

Par tous il faut bien sûr comprendre : les femmes, les hommes, les enfants, les sportifs, les bouchers, les infirmières, les pâtissières, les pompiers, les râleuses, les ronchons, les solitaires, les timbrés, les sauvages. Les grands, les petits, les gros enveloppés, les barbus, les épilées, les blonds, les châtains, les timides, les sans-cœur, les chevaliers, les beaux gosses, les bolosses, les geeks, les rockeurs, les danseurs, les frustrés, les cons. Les farfelus, les espiègles, les blagueurs, les farceurs, les critiques, les imbéciles, les lecteurs, les menteurs. Et même les diabétiques !

Everybody ! Tutti al mundi. Tout le monde y a droit. Même Hermione Granger s’est déjà trompée !

Ce droit essentiel s’accompagne, c’est une évidence, d’un devoir encore plus céleste.

La nécessité obligatoire d’assumer nos ratés.

Le dicton reste bien connu :

Errare humanum est, perseverare diabolicum

L’erreur est humaine, persévérer dans son erreur est diabolique.

Et oui, ce qui compte n’est pas l’erreur, mais bien ce qu’on fait juste après.

Il est là le secret.

Parce qu’il permettra de répondre au final à une question universelle :

pourquoi nous sommes là ?

Pourquoi nous sommes là…

Pour nous améliorer. Pour faire mieux.

Pour faire de notre mieux et même un petit peu plus.

C’est même inscrit en nous.

Si si.

Rappelez-vous. Tout petits, au fond du berceau, le monde se résumait à des grosses têtes qui vous saluaient entre deux siestes. Puis vous avez tourné la vôtre de tête et vous avez vu une peluche. Vous avez voulu l’attraper, mais elle était trop loin. Après quelques jours, quelques semaines, les muscles tout neufs se sont tendus, les mimines se sont agitées et enfin l’ont chopé ce fichu lapin. Ce n’était que le début. Car le monde du berceau était devenu trop petit…

Vous en êtes sortis du couffin. Et vous avez parcouru le monde. A quatre pattes, en rampant ou en vous ondulant. En tout cas en vous gamelant le nez contre le sol, en vous cognant le front contre un pied de table ou en vous rappant le menton contre le parquet.

Peu vous importait, vous vouliez continuer. Car vous l’aviez vu, là, sur la table trop haute, le hochet musical qui vous faisez rêver.

Alors un jour, au lieu d’attendre que Môman daigne bien vous le donner, vous avez décidé de vous élever vers les cieux. Vous vous êtes levés sur vos deux frêles gambettes.

Et paf.

Vous vous êtes encore gamellés.

Encore et encore…

Après tous ces ratés, un jour vous avez marché. Un jour vous avez couru.

Tout comme cet autre gamin qui s’appelait Usain, a vu un lapin en peluche dans son berceau, s’est râpé le menton à quatre pattes, est tombé avant d’être stable sur ses deux petites jambes et qui un jour a fini par courir le 100 mètres en 9 sec 58.

Alors oui, on a le droit de tomber, de se cogner le front contre une fenêtre, de chuter à vélo.

Oui, on a le droit de s’injecter trop d’insuline ou pas assez. On a le droit de la manger cette dernière part de tarte aux pommes ou cette boule de glace. On peut oublier notre attirail au soleil. Ce n’est pas grave…

Ce n’est pas grave et ce n’est pas ça qui va nous tuer.

Ces erreurs, ces oublis, ces ratés, on en connaît les conséquences.

On sait que demain on fera mieux.

Et c’est bien là l’essentiel.

Et p… qu’est-ce qu’elle était bonne cette boule de glace !

Pour les curieux, voici l’histoire d’une erreur monumentale et épique :

A l’époque, pas d’Omnipod : une injection de 5 à 8 unités de Novorapid avant chaque repas et une injection de 22 unités de Tresiba avant le dodo.

Un vendredi soir, la tête un peu beaucoup dans le pâté – la faute à une « réflexion » profonde devant un téléfilm soporifique – vient l’heure de migrer dans le lit. Le stylo de Tresiba sorti du tiroir, réglage sur la dose classique, vissage d’aiguille et injection maîtrisée. Sauf que ce n’était pas la Tresiba. Non non. C’était l’insuline rapide. Un shot de 22 unités…

Résultats des courses, alors que la glycémie était normale : vidage du paquet de biscuits et un chocolat chaud pas hyper chaud mais hyper chocolaté pour contrer une hypoglycémie pas encore arrivée.

Avec en bonus le réglage du réveil pour sonner toutes les heures et vérifier ne pas être dans un fâcheux coma hypoglycémique.

Au final, un taux de sucre trop élevé au réveil mais surtout un énorme merci à ma Dame qui a presque veillé toute la nuit et demeurant là encore, comme à chaque fois, le parfait soutien.



Un simple clic au hasard

Une Histoire de goûter…
Retour en haut