Ils y sont. Là. Maintenant.
Face à eux-mêmes. Ils n\’ont plus le choix.
Loin des vestiaires, la France Ovale débat, palabre, discute et s\’enflamme. Là-bas, à Cardiff, ils sont seuls. Ils vont devoir grimper l\’Everest. Ils vont s\’attaquer au Monstre des Monstres. Ils ont peur. Ils vont souffrir ensemble. Ils vont se sacrifier pour le maillot. Pour le copain. Pour tous les autres. Et pour soi-même.
Partout ailleurs, ils sont condamnés, voués à l\’échafaud, enterrés vivants, promis à la plus terrible des horreurs. L\’issue semble inéluctable. Ecrite à l\’avance. Il n\’y a plus rien à faire. Il est trop tard. Tout est fini.
Les maillots sont enfilés. Le silence oppresse. Les crampons ne résonnent plus, éteints par la gravité du moment. Au dessus, là-bas, si loin, si près, un bruit sourd. Le public gronde. La foule exulte. En transe. Venue pour une mise à mort.
C\’est l\’heure. Il faut y aller. Les pas sont lents. Inquiets, anxieux dans cet obscur tunnel. Ils avancent vers leur propre fin. Les larmes au coin des yeux.
Les supporters tremblent. Le mutisme et l\’inquiétude paralysent les visages. Tout est figé.
Ici, tout va s\’arrêter. Ici et maintenant.
Le noirceur du tunnel s\’estompe et laisse place à une lumière dorée.
Survient une petite étincelle. Dans les yeux du capitaine. Sur les visages de ses hommes. Une vague parcours l\’équipe de France. Et se propage à chacun. Ici. Partout. Derrière les comptoirs, devant les écrans géants, la France ovale frémit. Onde fabuleuse, qui paralyse encore plus et fait sourire chacun.
Un simple doute, un effroyable doute…
Et si … et si on la gagnait cette Coupe du Monde ?
Tout va commencer…