Depuis que l’on a remplacé nos areuh areuh gouzi gouzi par des mots ordonnés, nous n’avons cessé de poser des questions.

Des « comment ça marche ? » et des « pourquoi ? ».

Pourquoi c’est pas bon les épinards ? Pourquoi Maman a grondé Papa ? Pourquoi Timothée rougit quand il parle à Elisa ? Pourquoi la pierre ne tombe pas en l’air quand on la lance ? Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi Pitou le lapin est parti quand j’ai sorti la moutarde ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Et puis un jour, le pourquoi joyeux et curieux s’assombrit. Il se transforme. A cause d’un rien, il devient sinistre.

Pourquoi ça m’arrive à moi ?

Pourquoi tout ça ?

Par Bélénos

Ce pourquoi là, lorsque lié au pire, reste difficile.

Sans prévenir, le destin, la fatalité, le sort, le coup de pas d’bol, Bélénos lui-même et le ciel qui va avec, nous tombent sur la tête.

Apprendre une sinistre nouvelle, quelle qu’elle soit – être diabétique de type 1 ou découvrir qu’il n’y a plus notre pointure de ces sublimes escarpins vus en vitrine – ça glace le sang, ça fige, ça fait cogiter.

C’est naturel, c’est normal, c’est humain.

Mais, à partir de là, doit-on rester figé ? Faut-il s’empêtrer dans d’inutiles pensées noires ?

Clair, net, précis…

Ce fichu et insoluble « Pourquoi ?« .

Y répondre résoudra-t-il quoi que ce soit ? Franchement ? Est-ce que le schmliblick pourra avancer ? Non. Cela ne changera rien. Parce que, justement, tenter une explication philosophique ne modifiera en rien notre état.

Soyons honnête : une fois le diagnostic tombé, aucun retour en arrière possible. La situation est claire et nette : c’est fait, c’est là et à l’instant précis, il n’y aucune autre solution que de faire avec.

Le diabète ? S’y adapter, jouer avec lui, grandir grâce à lui.

A partir de là, le « pourquoi » pourra changer.

Un Salutaire Pas en arrière

Face à un problème insoluble, la solution la plus sereine consiste à respirer et réaliser un geste simple : un léger pas en arrière.

Voilà. Un peu plus grand même.

Pour regarder avec sérénité.

Depuis l’annonce du diagnostic, qu’est-ce qui a changé ? Nous sommes pareils. Avec de temps à autre un petit truc à faire, rien de plus. Nous avons vécu des rencontres, des moments sublimes, d’autres compliqués ou encore des parties de rigolades salutaires. Nous avons surtout réussi à rester nous-mêmes avec ce petit quelque chose en plus.

Nous avons même progressé…

La vie et ses défis

D’un point de vue technique, nous sommes même devenus de vrais spécialistes de la question !

Face à l’effroyable, nous n’avons pas sombré. Nous avons grandi. Nous avons progressé. Nous avons évolué. Et nous avons respecté un des essentiels principes de l’existence en acceptant le challenge.

Car oui, la vie est une farceuse. Elle nous envoie sans cesse des défis à surmonter. Des étapes à franchir. Des exploits à réaliser.

Sachant cela, au prochain défi, on le prendra dans les bras et en le regardant dans les yeux avec le sourire, on lui dira simplement :

Pourquoi pas ?


Qui s’amuse à souffler sur les ailes des papillons ? (Extrait)

– Alfred, pourquoi ça m’arrive à moi ?

– Pourquoi ça m’arrive comme ça ? Pourquoi tout se casse comme ça ? Ce n’est pas logique !

– Et pourquoi pas ?

L’occasion se présentait enfin de la faire réagir :

– Peut-être que c’est dans la pure logique des choses? Qui sait si tout ce qui va se passer pour toi désormais n’était conditionné que par cette histoire ? Pourquoi ne serait-ce pas le mieux pour toi ? (…) La solution n’est pas de regarder sans cesse en arrière. Les vieux peuvent faire ça à la limite, pas une jeune fille pleine d’avenir comme toi. Tu ressasses ce qui s’est passé et tu ne penses pas à demain. J’aurais dû faire ci, j’aurais dû faire ça, j’aurais dû penser autrement. Et alors ?




Un simple clic au hasard

Et si…

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