Ils soutiennent, ils câlinent, ils bercent. Ils pansent les plaies et réparent les bobos. Ils donnent leur avis, poussent dans les retranchements et remettent en place. Ils sont des phares, des bouées, des ceintures de sécurité. Ils écoutent, ils entendent et ils comprennent. Ils grognent, râlent et heureusement bougonnent. Ils encaissent, ils absorbent, ils supportent. Ils sont là.

Chaque jour. Chaque saison. Chaque moment.

Ils n’ont rien demandé, n’exigent rien et ne font aucun reproche.

Eux, ce sont Elles. Ce sont Ils.

Les Femmes et les Hommes de l’ombre…

Jamais seuls

Depuis le tout premier jour ils sont là avec nous. D’autres nous ont rejoints alors que le train était déjà en marche.

Eux, ce sont nos parents, nos frères, nos sœurs ou nos grands-parents. Ce sont nos conjoints, nos compagnes, nos amoureux. Nos maris. Nos épouses. Et ce sont aussi nos enfants.

Ce sont nos potes, nos amis, nos copains. Ce sont nos coéquipiers, nos camarades, nos partenaires de pétanque. Ou de natation synchronisée.

Ce sont tous ceux qui, au final, ne se sont jamais posés de questions…

Exemplaires

Ils ont, de manière instantanée, compris.

Ils ne se sont jamais demandés ce que ça faisait d’être diabétique. Encore moins à quoi « ressemblait » un diabétique. Ils ne se sont pas interrogés sur le avant et le après. En tout cas, ils n’ont rien montré.

Non. Ils ont juste fait. Ils ont admirablement été.

Il pourrait être très long de dresser la liste de toutes leurs qualités et de tout ce qu’ils ont réalisé, sans même le savoir, à nos côtés. On pourrait multiplier les éloges, les louanges voire même dresser un autel dédié à leur exemplaire patience. Mais tout cela n’est rien à côté du plus grand cadeau qu’ils nous aient jamais fait…

Le plus beau des cadeaux

Quand ils nous parlent, ils s’adressent à leur fils, leur fille, leur aimé, leur époux, leur épouse, leur amie ou leur pote.

Ils ne parlent pas à celui ou celle qui a un diabète.

Leur attitude reste normale. Parce que nous le sommes tout autant.

Toute la différence est là.

Tellement simple qu’elle en devient magique.

A nous cette fois, dès que l’occasion se présentera, de leur faire comprendre qu’on ne serait pas là sans eux…

Hommage

Comme ils nous l’ont montré chaque jour, la recette à appliquer reste simple :

Aller les voir, les regarder dans les yeux, les prendre dans nos bras pour le plus beaux des gros câlinous, leur sourire et, avec notre gros cœur de diabétique heureux et en pleine forme, leur avouer :

Nous aussi on vous aime.


Hommage aux parents

Juillet 1989, un jeudi matin très tôt, dans une chambre d’hôpital. Un homme debout devant une fenêtre. Dans le lit, son fiston. Moi, deuxième d’une fratrie de quatre.

Dans ma tête, des images avec des médecins, des infirmières, des appareils qui bipent. J’ouvre les yeux. Mon Papa me parle. C’est très bref. On échange deux questions et deux réponses.

Voilà le juste point de départ de ma vie de diabétique. Trois minutes uniques, parfaites et réellement magiques. Tous les ingrédients étaient réunis pour réussir la suite.

J’ai toujours eu conscience de la chance que j’ai eu ce jour là. Pourtant…

Ce n’est qu’il y a peu que j’ai pu comprendre de manière pleine et entière toute la portée de cet instant.

En avril 2015, à mon tour d’être « Papa » d’une adorable petite crevette qui depuis grandit, grandit, grandit, mais ceci est un autre génial sujet.

Être parent permet de comprendre les nôtres. Qu’ils avaient parfois tort. Souvent raison.

Cela permet aussi de saisir la force incroyable qu’ils ont dû exprimer lors de moments difficiles.

Ainsi mon Père, pour ces 3 minutes qui ont dû paraître des heures.

Et ma Mère, exemplaire, absente mais tellement présente à cet instant. Il fallait en même temps s’occuper des frères et sœur et eux aussi avaient besoin d’explications. Et elle était là à côté de mon Papa pour dire que tout allait bien. La magie ou quand l’âme agit…


Hommage à ma Dame

Les parents ou les frères et sœurs n’ont, au final, pas le choix. Une fois la nouvelle arrivée, ils ne vont pas nous jeter à la poubelle parce que le modèle ne leur convient plus. D’autres, par contre, peuvent, justement, le faire. Et puis, et puis…

Juin 2011, premier rendez-vous avec Elle, the One, l’Elue…

(Août 2021, alors qu’elle est en train de lire ces lignes, je peux l’annoncer, dans moins de 20 secondes, elle va lever les yeux au ciel et souffler « t’es con ! »)

Une bière, deux, trois… Bientôt 4. Pour moi, une eau gazeuse.

(Voilà, elle vient de le dire.)

Trêve de plaisanterie. Elle n’a pris que deux bières. Des demis. Moi aussi. Des pintes. Elle a parlé. Un peu. Moi aussi. Beaucoup. Puis vint l’instant charnière. La fin de l’apéro. Et la question cruciale. Merci au revoir et… c’est tout. Ou partager un petit morceau. Un gros plutôt. Cinq minutes plus tard, nous sommes attablés. Et là…

Là, alors que les plats sont servis, comme tout diabétique qui se respecte, une glycémie et une injection sont de rigueur. De la même manière que je lui avais dit être joueur de rugby – donc un être doux, délicat et emprunt d’une extrême finesse – je lui annonce être diabétique. La moue est plus que discrète et la piqûre réalisée. On peut passer à la suite, à savoir l’entrée, d’autres rendez-vous, un premier baiser et quelques années plus tard, une petite formidable.

Tout ça n’a été possible que grâce à deux choses : la confiance et un cadeau inestimable. C’est même Elle qui en parle le mieux :

« J’aurais pu ne pas donner suite. J’aurais pu dire que ce serait trop compliqué.

Oui ça me faisait peur. Mais j’ai choisi de rester.« 

Depuis, comment trouver le cadeau parfait pour réussir à rendre ne serait-ce que la moitié du quart du dixième de ce qu’Elle a fait pour moi ?

De ce que toi, ma chère, ma tendre, mon adorable aimée, mon exceptionnelle épouse, tu réalises chaque jour sans même t’en apercevoir. Tu supportes mes ronchonnades, pas toujours causées par des hypos, tu restes exemplaire quand je retourne la maison pour retrouver ce fichu POD, tu te réveilles en pleine nuit pour que je vérifie ma glycémie ou tu me demandes, à chaque fois, si j’ai prévu le nécessaire de resucrage pour nos courtes ou longues balades. Chaque jour, tu m’aides à devenir un meilleur Papa, un meilleur diabétique et même meilleur tout court. Et il n’y a même plus assez de place pour tout dire.

Merci ! Merci d’être là tous les jours.

Et je t’aime ! Oh que oui…




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